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Fin novembre, le gouvernement britannique a annoncé une extension significative de la « Soft Drinks Industry Levy » (SDIL), autrement dit de la taxe sur les boissons sucrées instaurée en 2018. Historiquement appliquée aux boissons non alcoolisées contenant plus de 5 g de sucre par 100 ml, le seuil est désormais abaissé à 4,5 g de sucre/100 ml, ce qui élargit le périmètre des produits soumis à contribution et incite à une reformulation accrue des recettes. Les fabricants ont jusqu’au 1er janvier 2028 pour revoir leurs formules et réduire la teneur en sucre, avant l’entrée en vigueur de cette mesure.
Aussi, la suppression de l’exemption longtemps accordée aux boissons à base de lait et leurs équivalents enrichis est un élément marquant de cette annonce. Ainsi, à partir du 1er janvier 2028, des boissons telles que les milk-shakes préemballés, laits aromatisés, boissons lactées sucrées, cafés prêts à boire et dérivés, jusqu’ici hors champ du SDIL, entreront dans le champ d’application si leur teneur en sucres ajoutés dépasse le nouveau seuil. En parallèle, une « allocation lactose » sera introduite : la grande majorité du lactose présent dans une boisson à base de lait sera exclue de la valeur « sucre total » lors du calcul ; seuls le lactose ou le galactose ajoutés comme ingrédient, le lactose hydrolysé ou le lactose présent dans la poudre de lactosérum font alors exception. Cette mesure s’appuie sur l’avis d’experts en santé selon lequel ces sucres, bien que provenant initialement du lait, doivent être considérés comme des sucres libres.
Cette mesure d’extension de la taxe sur les boissons sucrées à un plus grand nombre de boissons à forte teneur en sucre, y compris les boissons à base de lait, s’inscrit dans la continuité d’une consultation publique menée en 2025, au cours de laquelle les acteurs de la filière ont exprimé des préoccupations fortes sur les impacts opérationnels et économiques de ces changements (notamment en matière de reformulation et de compétitivité). Malgré ces réserves, le gouvernement a tranché en faveur d’un élargissement du périmètre afin de consolider les objectifs de santé publique, en s’appuyant notamment sur le succès du SDIL à réduire les sucres dans les boissons déjà taxées.
Du point de vue de la santé publique, l’extension est présentée comme un levier pour réduire l’apport calorique quotidien, améliorer les profils nutritionnels des portefeuilles produits et contribuer à la lutte contre l’obésité et les caries dentaires chez les enfants. Pour l’industrie agroalimentaire, ces décisions exigent un réexamen des formulations et des stratégies d’innovation produit à moyen terme, afin d’anticiper des contraintes réglementaires renforcées et des attentes sociétales croissantes en matière de nutrition.
Sources :
Press release “Soft drinks levy extended to protect children and improve health”, Department of Health and Social Care, HM Treasury and The Rt Hon Wes Streeting MP, 25 November 2025.
Consultation outcome « Strengthening the Soft Drinks Industry Levy — Summary of responses”, Department of Health and Social Care, 25 November 2025.